N O T E S


31 - La pensée est faite pour l'infirme qui a besoin d'un grand médicament avant de vivre comme les autres.

30 - La distance au réel est une dignité. Donc le sarcasme est la noblesse de l'humour.

29 - Le sceptique est inclus dans le pulsionnel mais le pulsionnel n'est pas inclus dans le sceptique

28 - Ladislav Klima

27 - Le vouloir est plus fort que la croyance car la croyance dépend du vouloir mais le vouloir ne dépend pas de la croyance

26 - https://www.youtube.com/watch?v=8Jis_K-xR8E&feature=youtu.be&fbclid=IwAR2dPkRjmlcHsMFk1bEhoNOUd6oaRDHePTkSRtnT6fNvevrWg9_n33pkbdk

https://youtu.be/w2KRtsNBCvg

25 - Texte de Spinoza, P.401 : « l’éthique »

« Appétits » : tension vers quelque chose. Les hommes se croient libres parce qu’ils ignorent les causes qui les déterminent. Ils se croient libres lorsque leur inclination pour une chose reste légère. Cette légèreté laisse croire qu’on peut choisir librement de suivre ou de ne pas suivre nos impulsions en les contrecarrant, le cas échéant, par une autre impulsion. Cependant, à observer nos choix, force est de constater que nous faisons parfois l’épreuve du remords, du regret…Nous comprenons alors que parfois, tout en sachant le meilleur, nous faisons le choix du pire. Donc, la liberté est une illusion car si le sujet est conscient quant à ses actions il reste cependant ignorant quant aux raisons qui le poussent à agir ainsi : je ne connais que l’effet de l’appétit mais j’ignore l’origine de cet appétit. Ce sont des affections du corps.

24 - Détruire venant de destruo venant de struo (« entasser, bâtir ») avec le préfixe de-.

23 - Tout acte est une destruction du symbole qui existait déjà, pour y substituer un symbole nouveau, une création.

22 - When Grothendieck mentions his mother Hanka in his writings, it is frequently to describe the negative influence she had over his self-development, by deluding him withher powerful personality into believing and agreeing with any number of ideas whose destruction formed one of the main ingredients of the change he underwent later in life,when he discovered meditation. Her domination, imposing on him the adoption of her ownconsciously held values in spite of himself, lasted for decades: ‘Il m’apparaît maintenant qu’une des forces derrière mon attitude l'était l’ascendant que la forte personnalitée de ma mère a exercé sur moi pendant toute sa vie, et pendant près de vingt ans encore apr`essa mort, pendant lesquels j’ai continué à être impregné des valeurs qui avaient dominé sa propre vie’ (RS 156). Hanka was responsible for leading him to value only the most masculine (yang) aspects of activity in life (her general attitude towards others being one of "dédain hautain et quasiment universel" (Clef 102), for teaching him contempt for the ‘feminine’ virtues of gentleness and kindness, and for convincing him, even for decades after her death, that his parents were the most splendid of parents and she herself the most heroic of mothers – ‘elle continuait à se maintenir dans le mythe du grand et inégalable amour entre elle et mon père, et dans celui de la mère remarquable et à tous égards exemplaire qu’elle avait été, (Clef 106) – thereby psychologically barring him from access to deeptruths concerning his own nature and development. But there was another side to Hanka’s effect on her son which must not be underestimated. Grothendieck’s blindness to barriers and taboos of any kind, social or professional, inside or outside of mathematics, is like an echo of his mother’s violent and conscious life-long rebellion against any form of interdiction. She may have contributed, for many years at least, to his ignoring the fundamental ‘feminine’ facets of his own nature, but by her example of absolute and voluntary rejection of all taboo and social constraint, she raised him in the absolute freedom from inhibition which had such disastrous consequences on his social development, but allowed the astounding over development of his forces of purecreativity.The very numerous references to the relation between the mother and the child and the connection of this relation to the creative impulse, while largely metaphorical, cannot be taken as entirely so; the metaphor of the mother cannot be approached psychologically entirely independently of the experience of the mother herself. As difficult, as violent and conflictual and contemptuous as she may have been, she gave him, or allowed him to preserve, the archetypal feeling of the maternal womb as the nourishing matrix of creation,and the feeling of beingwhole, of being exempt from the psychological fracture (‘coupure’,‘division dans la personne’) caused by the ‘tabou de l’inceste qui coupe l’enfant de la mère, comme il coupe la vie de sa mère la Mort, comme il coupe aussi une génération de celle qui la précède" (RS 474). Blind to the protective role of taboo in the preservation of a healthy collective society as he is blind to the protective role of fear, Grothendieck considers that total freedom from these constraints is a necessary condition for the release of the creative impulse. No matter what harm may be done by the transgression of natural laws, it is always good in that it leads to deeper and truer knowledge:Je sais qu’il y a une substance nourricière dans tout ce qui m’arrive, que les semailles soient de ma main ou de celle d’autrui – il ne tient qu’`a moi de manger et de la voir se transformer en connaissance... Il n’y a ni amertume ni résignation en moi, ni apitoiement, en parlant des semailles et de la récolte. Car j’ai appris que dans la récolte même amère, il y a une chair substantielle dont il ne tient qu'à nous de nous nourrir. Quand cette substance est mangée et qu’elle est devenue part de notre chair, l’amertume a disparu, qui n'etait que le signe de notre résistance devant une nourriture à nous destinée.(RS 152)This passage is the key to Récoltes et Semailles and the key to Grothendieck’s message in general. And it applies equally to his life and to his work; an expression of vast generality, in quintessentially Grothendieckian language, of the trait that Demazure evoked purely mathematically, when he described Grothendieck’s approach as ‘turning the problem into its own solution'.

Leila Schneps about Grothendieck

21 - La lucidité est la blessure la plus proche du soleil.

René Char

20 - Pour les petits enfants comme pour les animaux, il n’est rien de sacré, car pour s’élever à des notions de ce genre, l’intelligence doit s’être assez développée pour être capable de distinctions telles que « bon et mauvais, permis et défendu », etc. ; ce n'est qu’à ce degré de réflexion ou de compréhension — degré auquel correspond précisément le point de vue de la Religion — que la crainte naturelle peut faire place à la vénération (non naturelle celle-ci, parce qu'elle n'a de racines que dans la pensée) et à la "terreur sacrée". Il faut pour cela que l'on tienne quelque chose d'extérieur à soi pour plus puissant, plus grand, plus autorisé, meilleur que soi ; en d'autres termes, il faut que l'on sente planer au-dessus de sa tête une puissance étrangère, et que non seulement on éprouve cette puissance, mais qu'on la reconnaisse formellement, qu'on l'accepte, qu'on s'y soumette, qu'on se livre à elle pieds et poings liés (résignation, humilité, soumission, obéissance, etc.). Ici défilent comme autant de fantômes toute la collection des « vertus chrétiennes ». Tout ce qui inspire le respect ou la vénération mérite d'être appelé sacré ; vous dites vous-mêmes que ce n'est pas sans une « sainte terreur » que vous y touchez. Et, c'est un frisson analogue que provoque chez vous le contraire du sacré (le gibet, le crime, etc.), parce que cela aussi recèle le même « quelque chose » d'inquiétant, d'étrange et d’étranger.

« S'il n'y avait rien de sacré pour l'homme, la porte serait grande ouverte au caprice, à l'arbitraire et à une subjectivité illimitée ! » La crainte est bien un commencement, on peut bien se faire craindre de l'homme le plus grossier, et c'est là déjà une digue à opposer à son insolence. Mais au fond de toute crainte couve toujours la tentation de s'affranchir de l'objet de cette crainte par finesse, ruse. tromperie, etc. Il en est tout autrement de la Vénération : vénérer, ce n'est pas seulement redouter, c'est de plus honorer : l'objet de la crainte devient une puissance intérieure à laquelle je ne puis plus me soustraire ; ce que j'honore me saisit, m'attache, me possède, le respect dont je le paie me met complètement en son pouvoir et ne me laisse plus aucune velléité de m'en affranchir ; j'y adhère avec toute l'énergie de la foi, — je crois. L'objet, de ma crainte et moi ne faisons qu'un : « Ce n'est pas moi qui vis, mais ce que je respecte vit en moi. » De plus, l'esprit étant infini, rien pour lui ne peut avoir de fin, il reste forcément stationnaire : il redoute les décadences, les dissolutions, la vieillesse et la mort, il ne sait plus se défaire de son petit Jésus, son œil que l'Éternel éblouit devient incapable de reconnaître la grandeur propre aux choses qui passent. L'objet de crainte devenu objet de culte est dorénavant inviolable. Le respect devient éternel, l'objet du respect devient dieu.

Stirner

19 - Premières Considérations inactuelles :
« Peut-être l’homme ne peut-il rien oublier. L’opération de la vision et de la connaissance est beaucoup trop compliquée pour qu’il soit possible de l’effacer à nouveau complètement ; autrement dit, toutes les formes qui ont été produites une fois par le cerveau et le système nerveux se répètent désormais à chaque fois. (…) » Nietzsche

18 - Un bon mathématicien n'est jamais chimiquement relié aux mots. Ces derniers ne sont que les supports de l'extérieur.

17 - Il n’y a de méditation qui ne soit solitaire. S’il y a l’ombre d’un souci d’une approbation par quiconque, d’une confirmation, d’un encouragement, il n’y a travail de méditation ni découverte de soi. La même chose est vraie, dira-t-on, de tout véritable travail de découverte, au moment même du travail. Certes. Mais en dehors du travail proprement dit, l’approbation par autrui, que ce soit un proche, ou un collègue, ou tout un milieu dont on fait partie, cette approbation est importante pour le sens de ce travail dans la vie de celui gui s’y donne.
Cette approbation, cet encouragement sont parmi les plus puissants incentifs, qui font que le "patron" (pour reprendre cette image) donne le feu vert sans réserve pour que le môme s’en donne à coeur joie. Ce sont eux surtout qui déterminent l’investissement du patron. Il n’en a pas été autrement dans mon propre investissement dans la mathématique, encouragé par la bienveillance, la chaleur et la confiance de personnes comme Cartan, Schwartz, Dieudonné, Godement, et d’autres après eux. Pour le travail de méditation par contre, il n’y a nul tel incentif. C’est une passion du môme-ouvrier que le patron est au fond gentil de tolérer peu ou prou, car elle ne "rapporte" rien. Elle porte des fruits, certes, mais ce ne sont pas ceux auxquels un patron aspire. Quand il ne se berne pas lui-même à ce sujet, il est clair que ce n’est pas dans la méditation qu’il va investir, le patron est de nature grégaire !
Seul l’enfant par nature est solitaire.

A. Grothendieck

16 - La déception la plus brutale du jeune homme : Ne pas pouvoir étendre la surface intime de la vérité en l'universel.

15 - Un seul "il faut" : Manger beaucoup et digérer vite.

14 - Jensen avait compris que l'intérieur est plus grand que l'extérieur... Is this a joke?

13 - Utiliser la méditation pour le repos ce n'est pas en faire une puissance active. Elle est bien plus forte comme exhausteur d'acrasie.

12 - J'ai sous-estimé cet état d'hypervigilance sereine qui nous dépouille du "moi" par projection de la conscience vers l'extérieur : La méditation.

11 -

Le criminel, si on le conçoit comme un être de pulsions qui a gardé les traits du stade infantile (ou même y est resté fixé), a, pour ainsi dire, une distance moindre que le saint à parcourir jusqu'au point où l'attitude du moi est encore noyée dans une conscience si labile qu'elle ne le concerne même pas encore totalement, mais qu'elle concerne plutôt cet espace englobant où se précipite le saint, "dépouillé de soi". Ainsi déchargerait-on quelque peu le "criminel" de sa monstruosité, de son inhumanité, tout comme on ferait redescendre le "saint" de son élévation surhumaine - un peu seulement, car l'écart reste immense.

Lou Andreas-Salomé

10 - "Vous allez voir les femmes? N'oubliez pas le fouet." C'est Lou qui tient le fouet ! Pas Nietzsche !

9 -

Le sein d'Amaranthe

  • Mon esprit qui toujours d’un vain espoir s’apaise,
  • Compare votre sein, dont je suis envieux,
  • A des jeunes boutons, puis il dit à mes yeux :
  • Si vous les pouviez voir, ne mourriez-vous point d’aise ?

  • Ainsi dans mon esprit s’allume une fournaise,
  • Et son feu se nourrit d’un objet gracieux,
  • Qui me fait concevoir en tout et en tous lieux,
  • L’enflure de ce marbre où fleurit une fraise.

  • Enfin si votre amour demeure le vainqueur,
  • Et si jusqu’à la mort vous poursuivez mon coeur,
  • Mon Amaranthe, au moins donnez-lui sépulture.

  • Que si vous voulez suivre en cela mon dessein,
  • Son tombeau n’aura pas une autre couverture
  • Que du marbre qu’on voit qui blanchit votre sein.

Pierre de Marbeuf

8 - On tend à ce que l'extérieur soit une extension de soi-même.

7 - Brahms - Violin concerto - Oistrakh / Klemperer

6 - La puissance est fragile et rare, même si elle est pure énergie. Elle est comme celui qui fait naître une goutte d'eau dans le désert sans verser une larme.

5 - On peut faire une philosophie à coup de marteau qui soit délicate. Pour cela, Il suffit de faire du piano.

4 - Celui qui se connaît entretient son corps avant son esprit, car il sait que c'est son corps qui fera périr son esprit, et non pas son esprit qui fera périr son corps.
3 - La fatigue est l'essence de l'effort : Elle nourrit la puissance tragique et fait disparaître les actes sans valeur dans la médiocrité.

2 - Je veux la volonté, un mouvement intense, puis un plaisir vif accompagné de plénitude.

1 - Un repos sans victoire est aussi dégoûtant qu'un échec sans combat.