Larme :

Je connais un être qui n'est pas moi. Tous les jours, de l'extérieur, je le vois. Il marche, il parle, il fait. Parfois il ne fait plus. Il s'arrête. Il fait une grimace, il a trop mal. Alors je suis encore cette personne. Puis je ne la suis plus. Je suis ailleurs. Mais lui il est toujours là. Alors j'ai mal et lui aussi. Il reconnaît que je suis lui sans y être. Quand je me donne aux autres ils ne comprennent pas, ils me font pleurer. Mais comment pourraient-ils comprendre si moi même je ne le comprends pas ? Alors il s'énerve, il souffre, il a mal. Et il dit cela :

"Il y a de ces souffrances qui vous brisent de l'intérieur en traçant l'hémorragie de toutes les convulsions et de tous les sanglots. L’aborigène de la joie s'est échappé en laissant la forêt nue à ses douleurs obscures, et l'incendie vous mange comme le feuillage chaud d'un triste mercure. Qu'il est dur de faire trembler sa joie fragile dans les cataclysmes constellaires qui déchirent les meilleures volontés . Combien d'horreurs s'écoulent chaque jour, et résonnent de leur épicentre jusqu'aux tendresses déprimées de mon impuissance. J'ai croisé l'être de joie et depuis ce jour il me dit : vibre comme l'amour synchrone des petites ondes qui font danser leurs clapotis délicats, goûte à la soie digitale qui, sous tes doigts, font frissonner l'éclat des pétales. Dommage.... Je n'ai plus la mise initiale de celui qui joue à la vie, et la violence m'a secoué en cinq actes : Elle me proscrit l'oubli. La brutalité de la douleur, sourde aux méditations des rivières les plus calmes, me concède enfin le repos d'une réflexion. L'existence cela pourrait être simplement de la matière qui collisionne ses pertes et ses gains, dans un vacarme exerçant sa force compressive contre moi. Et alors que je tiens cette pensée, déjà, mes organes cèdent à la pression des parois. À la limite de la dispersion fragmentaire, dans une dernière affirmation de mon être, je hurle sous la caverne étouffée. Je crie, de ne pas pouvoir être entendu. Je crie, de toute ma faiblesse étendue. Je crie, de n'être qu'une partie perdue. J'écris, sans être un symbole de vertu. "


Et après espérons qu'il se calme...


H.C


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